Comment l’Art et la Matière Donnent-ils Corps à Nos Engagements ?
Comment une sculpture silencieuse peut-elle dénoncer des réalités complexes sans dire un mot ? Du mythe de Narcisse revisité à la sirène moderne, découvrez comment réinventer la matière permet de questionner notre époque — et comment cette démarche artistique s'invite en entreprise pour incarner la RSE par le modelage.
LES COULISSES DE L'ATELIER
Lode
9/10/20263 min read


Un film peut faire passer un message fort à travers ses dialogues et son scénario. Un livre utilise la puissance des mots. Mais comment une sculpture — par nature immobile et silencieuse — peut-elle dénoncer des réalités complexes et éveiller les consciences ?
C’est la question qui m’anime à chaque fois que j’entre dans mon atelier et que je me retrouve face à l'argile. Pour moi, la réponse réside dans la symbolique des formes et la réinterprétation des mythes anciens.
Réinventer les mythes pour interroger notre époque
Depuis l'Antiquité, les mythes servent à expliquer le monde et les travers humains. En les transposant dans notre quotidien contemporain, la sculpture devient un puissant miroir de notre société.
1. Narcisse et l'écran roi
Dans la mythologie grecque, Narcisse se noie en admirant son propre reflet dans l'eau. Dans ma sculpture, Narcisse ne contemple plus une source naturelle : sa tête est directement aspirée par l'écran d'un smartphone.
En associant l'argile, le bois et la résine, la matière matérialise instantanément notre dépendance aux écrans et le culte de l'image virtuelle. Aucun discours n'est nécessaire : l'image parle d'elle-même.
2. La Sirène et la question de l'emprise
Dans l'imaginaire collectif, la sirène est cette créature enchanteresse qui piège les marins. Pour ma dernière création, j'ai voulu inverser ce cliché.
J'ai façonné le corps en argile, posé chaque sequin un à un pour figurer l'éclat des écailles, puis immergé la sirène dans une baignoire transparente avant d'y couler la résine. Enfermée dans son propre élément, elle n'est plus la tentatrice : elle devient le symbole de l'emprise et des violences faites aux femmes. Le contraste des textures (la froideur de la résine, la brillance des sequins, la vulnérabilité de la terre) suscite une émotion immédiate.


De l'atelier à l'entreprise : quand la matière libère la parole
Si la sculpture permet d'exprimer des sujets de société fondamentaux, ce pouvoir n'est pas réservé aux seuls artistes.
Au sein des organisations, les équipes scientifiques, techniques et managériales sont souvent confrontées à une forte charge mentale et à des concepts abstraits (RSE, inclusion, transition écologique). Le passage par le faire et le toucher offre une parenthèse sensorielle inédite.
Dans mes ateliers « L’Art comme vecteur d’engagement RSE », je propose une démarche hybride en deux étapes :
Une exposition pédagogique et interactive : Mes sculptures engagées servent de déclencheur pour ouvrir un dialogue authentique et sans filtre sur des sujets majeurs (climat, diversité, inclusion).
La mise en pratique par le modelage : Les participants prennent à leur tour l'argile en main. En façonnant une œuvre symbolique, ils donnent une forme concrète aux valeurs et aux causes qui leur tiennent à cœur.
Donner corps à ce qui nous anime
Déconnecter des écrans pour pétrir la matière permet d'accéder à un autre mode de pensée. L'argile devient un médium d'expression où la réflexion théorique laisse place à l'intuition et au ressenti.
Exprimer ses engagements ne se limite pas à rédiger des chartes ou des rapports. Parfois, cela commence simplement par un bloc de terre et l'intention qu'on y imprime.
💬 Et vous, si vous deviez matérialiser la cause qui vous tient le plus à cœur avec de l'argile, à quoi ressemblerait votre sculpture ?
Sculpture représentant la sirène en cours de réalisation
Nom: Laurence DESAMBER
Nom d'artiste : Lode
Numéro Siret : 751 691 122 00012
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